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 Mouvement Républicain et Citoyen 44

Site dédié à l'actualité du MRC en général et du MRC44 en particulier

L'heure du choix - Tribune de Patrick Boistier

Publié le 31 Mai 2016 par Webmaster-MRC44 in Mots d'humeur et d'humour

L'heure du choix

1. Le mondialisme démocratique

De tous les systèmes politiques, la démocratie (gouvernement où le peuple exerce la souveraineté) est la moins mauvaise. C’est pourquoi la plupart des États l’ont adoptée ou sont en voie de le faire (du moins le prétendent-ils). Toutefois, le monde moderne n’a pas atteint son équilibre démocratique ; il doit encore affronter trois formes de totalitarisme et trois formes de banditisme.

Les trois totalitarismes : 1) le totalitarisme religieux, qui place la loi d’un dieu[1] au-dessus de la loi des hommes, et qui vise – sans le dire – à l’empire du monde (l’imperium mundi) ; c’est le cas, entre autres, du judaïsme, du catholicisme et de l’islam. 2) l’impérialisme politique, au nom duquel un État cherche, sinon à étendre son territoire, au moins à imposer ses propres lois à d’autres États. 3) le totalitarisme économique, de type capitaliste, qui, au nom de la « liberté » et de la « croissance »[2], vise à concentrer toujours plus de richesses entre les mains d’une minorité d’individus, au détriment de la multitude.

Les trois banditismes : 1) le banditisme classique des bandes organisées. 2) le banditisme industriel, qui introduit dans ses produits l’obsolescence programmée, qui introduit dans ses autres produits des éléments nocifs, voire mortels, et qui – comble de cynisme – développe sciemment un marketing contraire aux règles de santé publique (entre autres, l’industrie du tabac, l’industrie de la malbouffe, et, parfois, l’industrie pharmaceutique). 3) Le lobbying – autrement dit l’action de groupes de pressions (quasiment les mêmes que ceux du banditisme industriel, auxquels il faut ajouter ceux des sectes et des religions) sur les élus de la République – est antidémocratique.

La démocratie, en tant qu’organisation politique, doit être secondée par une organisation économique en adéquation avec elle. Or, le monde moderne est dominé par le libéralisme économique[3], forme outrancière du capitalisme dans laquelle l’intérêt individuel, seul, est pris en compte : son efficacité économique se désintéresse de l’équité sociale et de la durabilité de l’environnement. Il s’agit là d’un véritable totalitarisme qui, sans vergogne, ose se dissimuler sous le masque de la liberté.

La paupérisation des peuples est la contrepartie requise pour l’enrichissement d’un petit nombre d’individus. Selon le site Mediapart, cette minorité « constitue désormais un monde à part. Il a ses conseils, ses avocats, ses gestionnaires de fortune. Toute une industrie fiscale, comptable est organisée autour d’eux pour les aider à recycler les fortunes dans les paradis fiscaux, à échapper par tous les moyens à l’impôt, à ne pas participer à l’intérêt général ». Le site d’information précise que « Si les riches veillent avec un soin particulier à ne pas être mis à contribution par la société, ils sont tout aussi attentifs à se tenir très près du pouvoir. L’accaparement des richesses se double maintenant d’un accaparement du politique. Par tous les moyens, ils cherchent à influencer la loi, les textes, les décisions en leur faveur, dans leur seul intérêt. Les sommes investies par les groupes (appartenant à nos milliardaires) sont gigantesques pour obtenir la bonne décision : plus de 400 millions de dollars pour le secteur financier, plus de 200 millions de dollars pour l’industrie pharmaceutique sont dépensés chaque année en action de lobbying rien qu’aux États-Unis ». Ce qui nous ramène au lobbying.

Nous sommes peu informés sur le lobbying qui sévit aux U.S.A. ; mais une étude de l’université du Kansas conclut que les dépenses de lobbying engagées pour obtenir du Congrès les adoucissements fiscaux de l’American Jobs Creation Act de 2004 « affichent une rentabilité de 21 900 % ». Belle rentabilité !... Dans l’Union Européenne, nous savons que Bruxelles compte environ 30 000 lobbies, ce qui donne une moyenne de 40 lobbies par député européen, et 1 lobby pour deux fonctionnaires. En France, le magazine L’Expansion nous apprend qu’au registre légal de l’Assemblée nationale (ouvert en 2009 pour, nous dit-on, améliorer la transparence) figurent seulement 153 professionnels de l’influence. Ce chiffre officiel ne doit pas nous leurrer ! L’Expansion ajoute qu’en trois ans (2007-2010), « Selon les pointages de l’association Regards citoyens, quelque 2 500 organisations professionnelles ou représentant d’intérêts privés se sont introduits à l’Assemblée pour faire entendre leurs voix […]. Pour rédiger les rapports parlementaires, une douzaine d’auditions "extérieures" se tiennent en moyenne tous les jours dans un Palais-Bourbon assailli par les groupes de pression ». Dans notre pays, les cinq lobbies les plus actifs sont EADS, EDF, Total, GDF Suez et Bouygues.

2. L’Union Européenne

Pour mieux subjuguer les peuples, les missi dominici de l’argent-roi ont promis une Europe puissante, apportant sécurité et prospérité. En réalité, l’actuelle « Union européenne », qui n’a d’union que le nom, et qui, en fait, n’est qu’une simple zone de libre échange économique, est une première étape vers le libéralisme totalitaire mondial. On nous répète à l’envi que l’U.E. est « la première puissance économique mondiale ». Ce slogan repose sur une simple addition : celle des puissances économiques des nations qui la composent… Dans ces conditions, l’Europe pré-unioniste ne l’était-elle pas déjà ? Et l’Europe post-unioniste ne le sera-t-elle pas encore ? Au plan politique, l’U.E. est une institution non-démocratique, puisque ceux qui la dirigent n’ont pas été élus par le peuple. Au plan économique, force est de reconnaître que les nations qui la composent s’opposent entre elles, et qu’il n’y a pas de réelle stratégie commune transformant leur concurrence en complémentarité. Il ne peut en être autrement, puisque le traité de Maastricht exige une « concurrence libre et non faussée » (elle serait faussée par l’intervention des États). La politique du « chacun pour soi » y est la règle !

Contrairement à ce qu’on nous a promis, l’Union européenne ne nous protège en rien des fluctuations économiques mondiales et des crises financières : on le constate tous les jours ! Elle ne nous protège pas, non plus des agressions extérieures ! Les récentes attaques des terroristes islamistes envoyés par Daesh nous l’ont prouvé ! En outre, sa « politique d’accueil » nous met à la merci d’une immigration massive de plus en plus difficile à contrôler. L’Union européenne est un leurre, un subterfuge qui, loin de nous apporter le bonheur, nivelle vers le bas le pouvoir d’achat des classes populaires, et génère en son sein la discorde et l’insécurité. L’Union européenne est un piège dont la France doit se sortir…

Pour pallier l’impuissance de l’U.E., on nous propose davantage d’intégration. L’Europe fédérale serait-elle le meilleur remède ?... Comment y croire ? Quel régime politique aurait-elle, puisque certains pays sont républicains, tandis que d’autres sont royalistes ? Et puis, combien de temps faudra-t-il avant d’obtenir le consensus des 28 ? Et, partant de là, combien de temps faudrait-il pour construire, de l’intérieur, l’Europe fédérale unissant tant de nations ? Un siècle ? Deux siècles ? Alors que, déjà, les nations du centre de l’Europe commencent à prendre leurs distances avec Bruxelles, relativement aux migrants et à la pratique de la démocratie[4].

Pour éviter le Brexit, les grandes puissances d’argent ont fait appel à l’argument du chaos : la Banque d’Angleterre a évoqué une possible « récession technique », le FMI a prophétisé un « risque important » sur l’économie mondiale, le G7 a annoncé un « choc ». David Cameron, Premier ministre britannique s’est même senti obligé d’agiter le risque d’une « troisième guerre mondiale »… Un Grexit serait moins grave pour l’U.E. Il n’empêche que Bruxelles déverse des milliards pour « sauver » la Grèce. Or, tout le monde sait que cette manne – ponctionnée dans le portefeuille des peuples de l’U.E. – est donnée à fonds perdus. La Grèce ne sera jamais en mesure de rembourser sa dette réelle.

La raison n’offre que trois options pour l’avenir : 1) le retour définitif aux nations indépendantes et souveraines, coopérant entre elles dans « l’Europe des nations » ; 2) le retour momentané aux nations indépendantes et souveraines, le temps de construire l’État républicain franco-germanique, le seul qui, en termes d’élargissement, soit fiable et viable à long terme. Dans ces deux cas, la condition première est de sortir de l’Union Européenne.

Entre autres arguments fallacieux, on veut nous faire croire que la taille de la France n’est pas adaptée au défi que pose le monde moderne… Ce à quoi nous répondons que la bonne santé économique d’une nation n’est pas obligatoirement liée à sa superficie. Voyez la Suisse ! Voyez le Japon !... D’ailleurs, soyons assurés que, sans la France, l’Union Européenne se disloquera et retournera au néant dont elle n’aurait jamais dû sortir. Ceci revient à dire que, très rapidement, les liens commerciaux se renoueront entre les pays qui, comme avant l’U.E., formaient l’Europe des nations. Car « souverainisme » n’est pas synonyme d’isolement, pas plus que le « nationalisme » n’est synonyme de nazisme ! Bien sûr, la sortie de la France de l’U.E verrait, dans les premiers jours, une baisse des indices boursiers ; mais le phénomène s’estomperait rapidement, car « les affaires sont les affaires » !

Il existe une troisième possibilité : la création d’une confédération européenne. On appelle « confédération » l’Union de plusieurs États qui se soumettent à un pouvoir général, tout en conservant une certaine autonomie. Une confédération européenne, bâtie sur le modèle de la confédération helvétique, permettrait une organisation distincte des différents pays-membres en fonction de leur proximité, des us et coutumes, des désidératas de coopérations renforcées entre pays, ce que ne permettent pas les textes actuels de l’U.E. Aujourd’hui, il serait impossible de réaliser une coproduction franco-allemande comme Airbus, à cause des obstacles liés à l’application du traité de Lisbonne qui soumet toute adoption de projets bilatéraux à l’acceptation des autres pays de l’Union (règle de l’unanimité). Compte tenu des sentiments divergents – réels ou feints – des autres pays de l’U.E., l’unanimité est quasi impossible, sachant que chaque pays « monnaye » systématiquement son approbation. L’idée d’une confédération européenne n’implique pas forcément la sortie de l’U.E. Il suffirait de modifier son fonctionnement par un traité amendant celui de Lisbonne. Mais, à nouveau, la question se pose : les pays de l’U.E. voteront-ils ce projet à l’unanimité ? On peut en douter !... Un refus nous ramènerait à nos deux premières hypothèses et à leur condition sine qua non : la sortie de la France provoquant la dislocation de l’U.E. Au terme de ce processus, la construction d’une confédération franco-germanique deviendrait possible.

3. Libéralisme ou économie planifiée

On peut encore réfuter l’impact de l’activité humaine sur les inquiétantes variations climatiques, et imputer celles-ci aux caprices du Soleil. Mais il serait absurde de nier que l’humanité, dans son développement – et principalement depuis la révolution industrielle –, a modifié sensiblement l’environnement naturel. Cette modification de la nature par l’humanité aura-t-elle des conséquences sur notre avenir ? Les aspects positifs de la société de consommation sont indéniables. Mais y a-t-il des conséquences négatives qui, à terme, pourraient mettre la pérennité de notre espèce en danger de mort ? Nous avons entrepris l’exploitation des ressources planétaires comme si le filon était inépuisable, comme si l’air, l’eau, la terre, qui sont nécessaires à la vie pouvaient se régénérer à l’infini. Le résultat est désastreux. Il serait trop fastidieux d’en dresser ici l’inventaire. Il n’empêche que la leçon est incontestable : pollution généralisée et raréfaction des éléments nécessaires au fonctionnement de la civilisation mondialiste. Devons-nous continuer sur cette voie ?

Sur cette question, trois camps s’opposent, dont deux (les deux premiers) tirent leur principe d’action de la Bible :

  • Les biblistes « conquérants » qui, s’appuyant sur les textes de Genèse 1 / 26 et 28, se comportent en irresponsables exploiteurs des ressources naturelles et des peuples[5]. Ces « conquistadors » se trouvent dans toutes les religions du Livre (entre autres, chez les protestants qui croient au « destin manifeste »). Pour eux, la menace de conséquences négatives sera toujours annihilée, sinon minimisée par l’intervention de la divine Providence. Ces gens-là se trouvent souvent dans le protestantisme où la richesse est considérée comme un don de Dieu : « destin manifeste ! », disent-ils.
  • D’autres biblistes qu’on pourrait qualifier de « restrictifs », du fait qu’ils font passer le respect de la perfection du monde (puisque créé par le dieu parfait) avant l’ordre divin de domination. Ils estiment que le dieu génésiaque a créé le monde à sa convenance, et que le fait de modifier la nature est un crime de lèse divinité. Ceux-ci estiment que la menace est réelle, et que la source des problèmes environnementaux se trouve uniquement dans les rapports de l’homme « en général » avec la nature. Le pape François exprime parfois leurs arguments.
  • Ceux qui, dégagés de toute influence religieuse, pensent que la source des problèmes écologiques se trouve uniquement dans les rapports des hommes entre eux, ce que Marx appelait les « rapports sociaux ».

Ce troisième camp semble avoir généré deux courants :

  • Premier courant, ceux qui prétendent péremptoirement que l’homme a toujours su surmonter les difficultés liées au développement de sa force de production, et qu’il en sera toujours ainsi. Cette attitude, quelque peu prétentieuse quant à l’avenir, me paraît être une substitution de l’« Homme-Providence » au « Dieu-Providence ». Ce courant du deuxième camp est celui des capitalistes non biblistes et de quelques marxisants, victimes d’une déformation idéologique. Ce sont des « productivistes inconditionnels ».
  • Second courant, ceux qui estiment – avec Marx et Engels[6] – que si, à un moment donné, la force de production de l’homme peut améliorer la relation homme-nature (les bienfaits du progrès social), elle peut « devenir, à un autre stade, un frein puissant, dégradant la relation avec la nature, voire l’anéantissant[7] ». D’où l’importance, pour Engels[8], de « connaître aussi les conséquences naturelles lointaines, tout au moins de nos actions les plus courantes dans le domaine de la production, et, par suite, d’apprendre à les maîtriser ». On peut les nommer « productivistes modérés ».

Engels admet donc que les rapports sociaux non maîtrisés puissent être mortels pour l’humanité. Mais, ce que l’auteur de la Dialectique de la Nature dénonce ici, ce sont les rapports sociaux engendrés par la dynamique du capitalisme, dynamique « basée sur le profit, plus précisément (sur) la recherche de l’effet immédiat du processus de valorisation du capital, sans en voir les effets ultérieurs sur la relation homme-nature[9] ». La catastrophe de Tchernobyl contredit la dénonciation marxiste du strict capitalisme. C’est le productivisme – nécessité indissociable de notre type de civilisation – qui est en cause ! D’où il ressort que l’opinion selon laquelle les rapports sociaux de l’ère industrielle, indépendamment des régimes politico-économiques, peuvent mettre en péril la relation homme-nature, cette opinion nous paraît, seule, conséquente ! Toutefois, on peut penser que le productivisme débridé du libéralisme mondial recèle en sa pratique un potentiel de dévastation bien supérieur à celui d’une économie planifiée.

Ces considérations nous amènent à conclurent que, pour maintenir la qualité de la relation homme-nature, sinon pour minimiser sa dégradation, il convient d’opposer au libéralisme mondial un système, lui aussi mondial, dans lequel la production serait planifiée (au moins en partie) en fonction des besoins réels de l’humanité.

4. La décroissance

Faut-il en arriver à la décroissance ?

Remarquons d’abord que la croissance, si elle peut enrichir les entreprises (d’abord les grandes !), n’implique pas automatiquement l’enrichissement des peuples.

Ceci dit, il est bien entendu que la France n’a pas vocation au martyre. Aussi longtemps que l’économie mondiale sera soumise au joug de la sacro-sainte croissance, nos gouvernements auront le devoir d’activer une politique adéquate. Mais en parallèle, nos hommes politiques doivent courageusement préparer la nation au scénario probable d’une ère hostile, et convaincre les grandes puissances d’agir de concert. La croyance en une croissance illimitée répond à une vision à court terme (un siècle, au plus), au refus des données alarmistes de la science. Y croire, c’est faire sien le principe du « toujours plus ! » et du « pas de limite ! » et adhérer au pernicieux mot d’ordre « après nous, le déluge ! ». Vouloir bâtir une civilisation durable sur la notion de croissance, c’est refuser la réalité du monde, nier l’imminence du danger ou croire à la Providence (ce qui revient au même).

Mais, encore une fois, il n’appartient pas à la France de se sacrifier. Son double impératif est de sensibiliser les autres nations à ce problème, et à se préparer à l’inéluctable échéance sans attendre le dernier moment. Contrairement aux allégations de Bruxelles, le maintien de la croissance à 0,5 ou à 1 % (telle qu’elle se mesure actuellement en France) n’est pas une catastrophe économique !

3. La question démographique

La relation homme-nature sera-t-elle efficacement protégée par l’avènement d’une économie mondiale planifiée ? Cette nécessaire avancée sera-t-elle suffisante ?

Il est une autre donnée de la relation homme-nature sur laquelle il semble important de réfléchir, c’est le rapport entre conditions d’existence et démographie : d’une part, la planète Terre est limitée en surface et en richesses naturelles ; d’autre part, la population terrestre augmente incessamment en nombre d’individus. La question étant posée en ces termes, les règles de l’arithmétique nous autorisent à dire qu’il arrivera un moment où les ressources naturelles de la planète ne pourront plus répondre aux conditions d’existence de l’humanité.

L’étude du rapport entre conditions d’existence et démographie n’est pas nouvelle. Des économistes du XVIIIe siècle nous ont devancé ; en particulier le pasteur anglais Thomas Robert Malthus (1766-1834). Son Essai sur le principe de population, publié en 1798, est un pamphlet en réaction contre La justice politique de William Godwin, ouvrage utopiste publié en 1793, où l’auteur décrit une société dans laquelle la population croissante, en rapport avec une production croissante s’achemine vers la prospérité et la justice. Témoin de la paupérisation de la population de son époque, Malthus veut démontrer que ce mal social est le premier effet d’une contradiction opposant l’augmentation géométrique de la population (1, 2, 4, 8, 16, 32, ...) à l’accroissement arithmétique des ressources (1, 2, 3, 4, 5, 6, ...). Pour éviter la catastrophe annoncée, il suffit, pour Malthus, d’empêcher la population de croître ! Or, les anciens régulateurs démographiques, tels que guerres et épidémies, ne jouant plus leur rôle, Malthus en préconisa de nouveaux : la limitation des naissances, le recul de l’âge du mariage et l'arrêt de toute aide aux nécessiteux. Il ne fut pas suivi.

Les prévisions pessimistes de Malthus n’ont pas eu lieu. Ce serait-il trompé ?

À voir ! Le processus pronostiqué a été endigué par les bienfaits de la révolution industrielle et de la « révolution verte » (augmentation des ressources et des rendements agricoles), par la mise en place de nouveaux moyens d’échanges internationaux des biens de subsistance, et par le départ d’une partie du trop plein d’individus vers les colonies britanniques ou les États-Unis d’Amérique (là où les méthodes agricoles modernes créaient de nouvelles ressources).

Ce résultat est-il provisoire ou définitif ?

Toutes ces considérations ne semblent-elles pas indiquer que l’analyse malthusienne reste valide à long terme ? Déjà (2016), la planète Terre compte à peu près 7 milliards d’habitants. En 2050, la population mondiale devrait atteindre le nombre de 9 milliards. La planète est en voie de surpeuplement, or ses ressources naturelles sont en voie d’épuisement. Combien d’habitants la Terre pourra-t-elle supporter ? Pendant combien de temps la coexistence pacifique entre les États, et même entre les individus, sera-t-elle maintenue ? D’autant que les richesses encore exploitables de la planète ne sont pas équitablement réparties…

Les plus optimistes des démographes misent sur la « transition démographique », phénomène qui correspond à une diminution du taux de naissance et qui, dit-on, se déclenche quand la population d'un pays s'enrichit[10]. N’est-il pas dangereux de confier l’avenir de l’humanité à l’humeur des nouveaux riches ? Par ailleurs, dans quelle mesure, peut-on affirmer que les peuples s’enrichissent ? En 2015, selon le rapport Oxam sur les inégalités, publié le 18 janvier 2016, 62 personnes possédaient à elles seules les mêmes richesses que les 3, 5 milliards de personnes qui constituent la moitié la plus pauvre de l’humanité (contre 388 en 2010). En 2015, la fortune cumulée de ces richissimes individus représentait alors 1 760 milliards de dollars, soit 44 % d’augmentation par rapport à 2010. Au cours de la même période, « les richesses de la moitié la plus pauvre de l’humanité ont diminué de plus de 1 000 milliards de dollars », soit une chute de 41 %. Autrement dit, sur les 7 milliards d’individus qui peuplent aujourd’hui notre planète, 1 individu sur 2 s’appauvrit pendant qu’un 1 individu pour 100 millions s’enrichit. Le principe du vase communiquant entre les richesses des deux groupes est évident, mais les proportions en nombre d’individus sont loin d’être équilibrées. Retenons que la paupérisation des peuples est la condition sine qua non pour qu’un petit nombre d’individus s’enrichissent ! Le libéralisme mondialisé ne va pas dans le sens de la « transition démographique ». D’autant que sa bonne santé exige un nombre croissant de consommateurs. L’inde et la Chine ont pratiqué la limitation des naissances : dans les années 1960, l'Inde offrait un poste à transistors aux pères de famille acceptant d'être stérilisés après la naissance de leurs premiers enfants ; de 2009 à début 2016, la Chine a appliqué une politique stricte d'enfant unique à la majeure partie de sa population. Ces mesures ont eu des effets tangibles, à ce point que la sacro-sainte croissance des deux pays s’en est trouvée sensiblement ralentie.

La restriction démographique (qui ne peut se réaliser que par une prise de conscience de la réalité du monde induisant un comportement responsable, non par l’enrichissement des individus[11]) et la planification de la production mondiale des biens[12], s’inscrivent prioritairement dans la lutte pour la durabilité de l’environnement[13].

4. L’opportunisme de la classe politique

Méfions-nous des grands discours politiques ! Le manque d’objectivité, le laxisme et le parti-pris y génèrent souvent des contre-vérités. L’Histoire nous enseigne jusqu’à quelles roueries conduit l’appétit du pouvoir. Combien d’hommes et de femmes qui accèdent au pouvoir, renient leurs promesses électorales pour collaborer avec les puissances d’argent ? Pour eux, la politique n’est-elle rien d’autre que l’art du mensonge et de la compromission ? Eux et leurs obligés sont prêts à tout pour se maintenir aux « affaires ». Ils savent bien à quel point ils nuisent au peuple qu’ils trahissent. Pourtant, ils n’hésitent pas à faire appel aux valeurs d’ordre », de « justice », de « paix ». Leur propagande s’élabore sur la confusion du langage (amalgame des acceptions), l’argument d’autorité, l’accusation péremptoire (tout discours contradictoire est taxé d’« amateurisme », de « simplisme », etc.) et la « diabolisation » de l’adversaire. Le renouveau de la classe politique est-il possible ? Nous sommes dans l’expectative.

L’humanité est à la croisée des chemins. L’heure du choix est arrivée. Ayons le courage de nos opinions !

[1] Un dieu dont l’existence est sans cesse affirmée par ses adeptes, mais jamais prouvée.

[2] Ajoutons que le système d’endettement des États représente un formidable moyen de pression sur les peuples. Depuis 2007 et la crise des subprimes, qui a plongé l’économie mondiale en pleine tourmente, la États ont continué de s’endetter : 135 000 milliards de dollars en 2016 contre 100 000 milliards huit ans plus tôt !

[3] La Chine elle-même, bien que sous l’emprise d’une forme dictatoriale de gouvernement, a opté pour le libéralisme économique.

[4] On parle d’un nouveau modèle politique « illibéral » : la « démocrature », qui s’inspirerait à la fois de la démocratie et de la dictature.

[5] « … qu’ils (les hommes créés par Dieu) dominent sur les poissons de la mer, et sur les oiseaux des cieux, et sur le bétail, et sur toute la terre […] ; et Dieu leur dit : Fructifiez et multipliez, et remplissez la terre et l’assujettissez ; et dominez […] sur tout être vivant qui se meut sur la terre ».

[6] Ce qui n’implique aucunement qu’ils soient marxistes.

[7] Pierre Martine, dans son excellent article La relation Homme/ Nature, dans L’Idéee Libre (décembre 2009).

[8] F. Engels, Dialectique de la Nature.

[9] Pierre Martine, op. cit.

[10] On pourrait tout aussi bien supputer que l’absence d’avenir pour les générations montantes poussent celles-ci à ne pas procréer.

[11] Ce qui, évidemment, ne veut pas dire que je sois contre l’enrichissement des individus.

[12] Selon un récent sondage (février 2016) du Centre Levada, 52 % des Russes aimeraient revenir à l’économie planifiée du régime soviétique.

[13] À distinguer de la notion floue de « développement durable ». Le terme de « développement durable » a été lancé par le rapport Bruntland, remis en 1987 à l’Organisation des Nations Unies. Il est défini comme un développement de civilisation « qui répond aux besoins du présent sans compromettre les capacités des générations futures à répondre aux leurs ». Il se comprend dans un contexte productiviste d’inspiration capitaliste : il n’intègre ni l’équité sociale, ni la solidarité.

Le rédacteur est l'auteur de plusieurs ouvrages et Essais dont :

La Bible disséquée par la raison

Jésus Christ et consorts : dernières nouvelles

L'islam dévoilé (Essai)

Jésus Christ Anatomie d'un mythe

L'invention de l'Apôtre Paul

Tous publiés au Editions du Net

Il a une vision sans concession des religions quel quelles soient et rejoint ainsi les libres penseurs dont il faut bien le dire la parole est souvent confisquée

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