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 Mouvement Républicain et Citoyen 44

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Pour une écologie républicaine

Publié le 17 Mars 2010 par Webmaster-MRC44 in Climats - Energies

Pour une écologie républicaine

 

 

Le temps est venu pour le MRC d’aborder sérieusement et globalement la question écologique. D’abord parce qu’elle est devenue centrale et qu’elle le sera longtemps dans le débat politique; mais aussi parce que penser l’écologie c’est poser la question du monde de demain et de son modèle de développement. Enfin, parce qu’à la veille du sommet de Copenhague, le MRC doit faire entendre sa voix, divergente mais pertinente, devenir acteur et non plus spectateur d’un débat qui engage l’avenir de l’humanité.

 

 

 I  Attitudes face au débat écologique

 

Ce débat doit d’abord avoir lieu entre nous. Mais il implique, plus que d’autres sans doute, une rigueur et une approche rationnelle qui n’a jamais fait défaut aux républicains que nous sommes. « Il faut se défaire de tout dogmatisme » écrivait récemment JP Chevènement (« 16 thèses pour penser l’avenir » p.6). Eviter tout dogmatisme c’est aussi penser l’écologie sans céder à la tentation facile des préjugés, des idées reçues et autres caricatures. Il y en a au moins 3.

 

-          Confondre l’écologie avec l’écologisme comme d’autres confondent la nation avec le nationalisme. L’écologie est une science qui produit une connaissance basée sur la recherche et l’observation du vivant et contribue de ce fait à enrichir notre vision du monde, alors que l’écologisme est une idéologie fondée sur des dogmes et une vision du monde qui oppose, par principe et par croyance, l’homme à la nature.

 

-          Négationnisme écologique contre catastrophisme écologiste

La posture peut sembler en apparence commode et utile politiquement pour accentuer un clivage qui est réel avec les verts. Mais nul besoin d’en rajouter en adoptant une attitude négationniste, défensive. On ne combattra pas efficacement l’écologisme par le déni. Relevons plutôt le gant du débat sans nier le problème (parce qu’il y a évidemment une crise écologique), en cessant de le reléguer à un niveau subalterne qui n’est pas le sien dans l’esprit des français. Ayons une attitude offensive, constructive et argumentée sans stigmatiser, en apportant notre contribution qui se révélera très utile lorsque nous la confronterons aux écologistes qui ont confisqué ce débat. Casser le thermomètre n’a jamais fait baisser la fièvre…

 

-          Assimiler l’écologie à une lubie de bobos

L’équation écolo=bobos ne tient plus. L’écologie est une préoccupation forte des couches populaires ainsi que le démontrent des enquêtes d’opinion sérieuses. La conscience de la crise écologique est profondément ancrée dans l’esprit de nos concitoyens. Et ce n’est pas du seul fait de la médiatisation-dramatisation orchestrée par N. Hulot ou Y. Arthus Bertrand. Les français vivent la crise écologique et ses conséquences (problèmes de qualité de l’eau due à l’agriculture intensive, traçabilité alimentaire…). Ils ont une conscience aiguë du risque écologique comme du risque économique. On aurait tort d’opposer l’un à l’autre. Parler d’écologie c’est aussi s’adresser au peuple car l’écologie est populaire. Et il est temps d’en parler autrement sans dramatisation excessive, en s’adressant à l’intelligence plutôt qu’à l’émotion, mais en reconnaissant la place centrale qu’occupe l’écologie dans la vie des gens.

 

 

 

 

Définir ensemble ce qu’est une conception républicaine de l’écologie au 21 e siècle suppose de s’entendre sur un constat préalable et partagé de l’état de la planète et du modèle de développement qui a soutenu le monde jusqu’à aujourd’hui.

 

 

 

II  Idées directrices de l’écologie républicaine

 

 

 

  1. 1.      Notre modèle de développement n’est plus soutenable

 

Depuis plus d’un siècle, l’humanité n’a cessé de progresser grâce au modèle de développement productiviste qui a fait reculer les limites de la pauvreté, et a permis de nourrir toujours plus d’hommes, alors qu’il y a 2 siècles 90% l’humanité ne mangeait pas à sa faim. Mais avec 9 milliard d’habitants prévus en 2050 (source Ined), l’épuisement programmé des ressources énergétiques fossiles, le réchauffement climatique et  la contrainte qui pèse sur les biens rares de l’humanité (eau, air, sols, mers..) ce modèle, basé sur la surexploitation des ressources naturelles n’est pas soutenable à l’infini.

 

Les dérèglements de la planète, directement liés aux excès de ce modèle de développement, ne se réduisent pas au seul réchauffement climatique. La crise écologique est globale et durable.

 

Depuis le début des années 80, l’empreinte écologique de l’humanité est supérieure à la capacité de charge de la planète. Depuis 2003, l’empreinte totale de l’humanité dépassait de 25% la bio-capacité de la terre, c'est-à-dire que l’écosystème n’a plus la capacité de se régénérer et donc de retrouver son équilibre (résilience). (cf. rapport Stiglitz/Sen p.292).

 

Comment, dans ces conditions, permettre aux ¾ de l’humanité qui aspire au développement d’y accéder ? Il ne s’agit pas, évidemment, de contester le droit au bien être économique des pays du sud, mais leur développement ne pourra exister durablement qu’en suivant un nouveau modèle, moins couteux pour l’environnement. Ce nouveau modèle économique reste à inventer. Mais il n’y aura pas de modèle économiquement et écologiquement durable sans une remise en cause fondamentale de l’origine des déséquilibres : le capitalisme financier mondialisé. Il y a bien sûr un lien entre la dérive du capitalisme financier, sa course effrénée aux profits et les dérèglements planétaires. La question du modèle de développement pose la question du dépassement su système capitaliste, destructeur de richesse économique et naturelle. Le nouveau modèle de croissance devra reposer sur de nouveaux outils statistiques, intégrant le facteur naturel, mais aussi le développement humain, la qualité du système éducatif notamment, dans le calcul de la performance économique et sociale, comme le suggère le rapport Stiglitz/Sen). Cela suppose une profonde réorientation et non pas un simple ravalement de façade (même en vert !) du modèle capitaliste.

 

Reconnaître les limites du système productiviste, son impact négatif sur le changement climatique et la biodiversité n’est pas céder à l’idéologie de la décroissance ni au mythe de la « croissance verte ». Une autre écologie est possible qui n’oppose pas l’homme à son environnement en le culpabilisant ou en le soumettant. Une écologie au service du progrès social et du développement humain qui s’appuie sur un nouvel équilibre entre l’homme et la nature.

 

 

 

 

2.  Raison et progrès : piliers de l’écologie républicaine

 

L’écologie ne peut rester prisonnière de l’idéologie. Il existe deux idéologies dominantes qui se sont approprié l’écologie. La première, c’est l’écologie régressive qui s’appuie sur une double négation. Celle du progrès et de la raison. La décroissance assénée par les verts, née d’une réfutation radicale du développement économique, conteste toute légitimité au progrès, cause de tous les maux de planète dont l’homme doit s’amender. Le relai efficace de ce dogme est la dramatisation, le catastrophisme, qui fait de l’écologisme un nouveau catéchisme avec ses prédicateurs médiatiques et ses visions d’apocalypse.

Faisant figure d’alternative à la décroissance, la croissance verte est le nouveau mythe d’un capitalisme en crise. Une écologie libérale, qui elle ne renie pas le progrès économique mais qui instrumentalise l’écologie au service de la pérennité  du capitalisme financier.

 

A ces 2 visions, qui ne servent pas l’intérêt général de l’humanité, nous devons opposer une autre vision de l’écologie qui repose sur deux piliers : la raison et le progrès comme antidotes aux impostures qui ne sont que les 2 faces d’une même pièce, la décroissance et le développement durable.

 

D’abord la raison, bien sûr, contre l’obscurantisme écologiste. La crise écologique est réelle certes, mais nul besoin de la dramatiser. Nous devons nous appuyer sur la science et la science par nature s’oppose à toute vérité révélée. La science et la recherche font progresser l’écologie parce qu’elles accroissent la connaissance de l’homme sur la nature. Nous devons faire confiance à la science et en faire notre alliée dans le débat environnemental. L’écologie doit cesser d’être l’esclave de l’émotion pour entrer dans le champ de la raison. Ni négationnisme, ni prophétisme voilà ce que devrait être l’attitude des républicains vis-à-vis de l’écologie. S’adresser à l’intelligence de nos concitoyens et faire confiance dans leur jugement, telle est notre posture habituelle que nous devons appliquer à l’écologie.

 

Le progrès est notre point de clivage majeur. La confiance dans le progrès c’est la confiance dans l’homme et sa capacité à se dépasser. Il faut sans doute repenser l’idée de progrès tant il est évident que le progrès économique et l’accumulation de richesses matérielles ne peuvent être le seul horizon de l’humanité. Le progrès au 21 e siècle aura un contenu différent, il intégrera le développement humain et le capital naturel. C’est pourquoi il ne faut pas opposer le progrès à l’écologie. L’écologie n’est pas l’ennemie du progrès, l’écologisme oui. Repenser le progrès c’est inventer une nouvelle croissance qui ne soit ni le capitalisme repeint en vert, ni bien sûr la décroissance. La « croissance verte » veut donner l’illusion d’une conversion de capitalisme à l’écologie, alors même qu’il reste soumis à sa logique financière et inégalitaire. Comme l’a écrit JP Chevènement  « le vert est aussi la couleur du Dollar ». Nous devons combattre cette nouvelle mutation du gène capitaliste en la démasquant et en y opposant notre conviction d’une autre croissance fondée sur l’efficacité économique et les technologies nouvelles, le progrès social et la soutenabilité environnementale.

 

3. Les Etas-nations, vecteurs de l’écologie de l’humanité 

 

L’écologie républicaine doit être une écologie de l’humanité. « L’humanité est notre devoir » affirmait Paul Thibault à nos universités d’été. La question de la finalité du développement est essentielle. Rechercher l’intérêt général de l’humanité suppose de penser à l’échelle de la planète. Les réponses aux crises écologiques, énergétiques et climatiques aussi bien qu’économique financière et monétaire ne peuvent être que globales, issues de la coopération internationale et multilatérale. Les solutions à ces crises ne peuvent venir que d’un dialogue, dans un cadre multilatéral, avec les acteurs majeurs que sont notamment l’inde, la Chine, les USA mais aussi le continent africain. En tous domaines, c’est aux Etats-nations que reviennent la responsabilité de réorienter le modèle de développement en en repensant la finalité. Ce sont les vecteurs premiers de la recherche de l’intérêt général de l’humanité. Parce qu’elles sont encore les cadres privilégiés d’expression de la souveraineté populaire et aussi parce qu’elles demeurent les sujets principaux des relations internationales. La planification écologique au niveau mondial se fera par les nations. C’est à travers elles que les organisations internationales peuvent agir sur l’environnement de manière beaucoup plus efficace et décisive que les ONG. La création de L’Organisation Mondiale de l’Environnement que nous devons soutenir, en appui à l’ONU, est nécessaire pour assurer une gouvernance mondiale des biens communs de l’humanité.

 

L’exemple des océans est à ce titre emblématique. Les océans représentent un atout majeur dans la lutte contre le réchauffement climatique. Un rapport récent de l’ONU (PNUE) évalue à plus de 50% la capacité de capture de l’ensemble des émissions de carbone par les écosystèmes marins. Des océans sains constituent donc un système efficace et rentable de piégeage et de stockage du carbone, des puits de carbone naturels susceptible de réduire significativement le réchauffement climatique. Cela suppose évidemment une gestion globale et concertée au niveau mondial et régional des ressources de ces océans. C’est un enjeu économique majeur car les océans nourrissent 3 milliards d’êtres humains. En outre, les services de l’écosystème marin ont été évalués à 25 000 milliards de dollars par an.

L’intérêt général économique et écologique se rejoignent ici et exigent que les Etats-nations fixent des règles pour assurer une exploitation durable des océans dans l’intérêt de l’humanité. Il y a urgence car l’absence de règles communes au niveau mondial génère une surexploitation non raisonnée des ressources vivantes des océans qui sera préjudiciable à leur efficacité économique et écologique. L’exemple de ce bien commun de l’humanité, qui pourrait être appliqué à la gestion de l’eau potable ou des sols ne fait qu’illustrer l’ardente nécessité d’action de la  puissance publique nationale, européenne et internationale, au service de l’humanité.

 

 Un autre principe nous distingue des écologistes. Celui de l’indépendance nationale. La défense de la survie écologique de la planète n’impose nullement l’abandon de notre indépendance nationale. C’est au nom de ce principe que la France a développé l’énergie nucléaire, et continuera avec la perspective d’un réacteur de quatrième génération, gage de notre indépendance énergétique. Quoi qu’en dise les écologistes, le nucléaire reste l’une des énergies les plus propres qui soient. Bien sûr, cela ne nous exonère pas d’entrer de plein pied dans la révolution énergétique et d’investir massivement dans la recherche de nouvelles sources d’énergies propres et renouvelables tels que le solaire. C’est aussi pourquoi, contrairement aux verts technophobes, nous misons sur l’homme et sur la technologie pour permettre à l’humanité de trouver des réponses modernes aux défis écologiques.

 

 

Reconnaître la gravité des dérèglements écologiques, faire confiance dans la capacité de l’humanité à y remédier en inventant un nouveau modèle de développement, tel doit être le sens de l’écologie républicaine. Le MRC, fidèle aux valeurs et à l’esprit républicain doit occuper une position centrale en desserrant l’étau idéologique qui prend en otage l’écologie entre le dogmatisme des verts et la nouvelle offensive de « l’écologie de droite », cheval de Troie du capitalisme financier.

 

 

 

 

III Propositions

 

La mise en œuvre de ces principes doit s’incarner dans des propositions au niveau international et national. JP Chevènement en a déjà dégagé certaines :

 

-Planification au niveau régional et mondial en matière :

                        -  politique énergétique et climatique

                        -  autosuffisance alimentaire et redéfinition du mandat de l’OMC

            - planification industrielle (dont la finalité doit être repensée à l’aune de l’exigence écologique. Par ex un plan d’investissement dans les technologie de captation du Carbonne que développe Alstom)

            - eau potable et grandes infrastructures

 

Ajoutons :

 

-          création de l’OME pour assurer une gestion mondiale et planifiée des biens communs de l’humanité

 

 

Au niveau interne mais aussi européen, il importe de promouvoir une véritable fiscalité écologique qui doit protéger l’Europe contre le dumping environnemental.

Sur la question de la « taxe climat » le MRC doit définir une position cohérente.

 

Nous devons tout faire pour diminuer nos rejets de gaz à effet de serre. La taxe carbone est une solution à la condition qu'elle soit juste socialement et que loin de pénaliser notre industrie, elle fasse justice aux investissements et aux atouts de la France sur ce sujet (production massive d'électricité nucléaire). Il faut donc militer pour la création d'une taxe sur les ménages socialement juste sur le chauffage et le transport et, surtout, d'une taxe sur les biens marchands qui étant fonction de l'énergie primaire consommée pour les produire (plus ou moins émettrice de CO2) favoriserait, de fait, la protection du marché intérieur français par rapport aux importations (celles extracommunautaires comme celles en provenance des autres Etats-membres).

 

Pour rendre cette taxe socialement juste, il faut une redistribution d’une partie de cette taxe sous forme de « chèque vert » en direction principalement des ménages les plus modestes. Une partie du « chèque vert » pourrait être versé en avance. L’état devra résoudre un certain nombre de difficultés pour des consommateurs captifs. En particulier pour les habitants des zones rurales et de montagne qui ne pourront pas changer facilement de comportement. Cette taxe doit donc être développée progressivement en informant les français de sa progressivité dans le temps, afin qu’ils puissent exercer leurs responsabilités de citoyens en prenant les initiatives adaptées à chaque situation individuelle. Elle pourra à plus long terme être diminuée, par exemple en fonction des objectifs obtenus d’une part et du prix du baril de pétrole d’autres parts, amortissant les hausses à venir du pétrole.

 

L’objectif de la nouvelle taxe est de développer les économies d’énergies carbonées, d’utiliser autant que faire se peut les énergies renouvelables en particulier quand elles se substituent aux énergies émettrices de gaz à effet de serre, et d’orienter notre consommation énergétique vers l’électricité qui en France est produite sans CO2. L’électricité ne doit donc en aucun cas être taxée.

 

La taxe carbone peut et doit être le moyen de supprimer le marché des quotas d’émission, qui ne fonctionne pas pour plusieurs raisons :

-         l'absurdité d’un système basé sur la croyance que le marché pourra donner le juste coût de la tonne de carbone par le jeu d'échanges qui ne sont finalement que spéculatifs.

-         son inefficacité avérée (les objectifs de Kyoto ne sont pas atteints dans de nombreux pays, loin de là)

-         le fait que son existence empêcherait la taxe sur les biens marchands de se développer comme il convient (et ne resterait alors que la taxe sur le transport et le chauffage des ménages, sans bénéfice de protection pour la France

 

Il est vrai de dire qu’au vu des rejets mondiaux, cette taxe uniquement appliquée à la France a une efficacité limitée, mais au delà de l’exemple qu’elle peut avoir pour les autres pays, elle se mettra dans une position de modèle, qu’elle a déjà (50% de moins de rejets carboné que l’Allemagne, 3 fois moins que les USA…), mais sa position sera renforcée par cette mesure, en particulier lors du prochain sommet de Copenhague.

 

 

 

 

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